Policy briefs
14 November 2025

Trouble à la frontière: Un groupe extrémiste Nigérian est aussi entré au Bénin

On The Way Home, Niger State, Northcentral Nigeria. ©Irene Becker
In Short
  • Les groupes extrémistes Al-Qaïda et État islamique constituent un défi majeur pour la sécurité de l'Afrique de l'Ouest. Le Bénin est situé entre le conflit du Sahel et celui du lac Tchad, où ces deux groupes sont actifs
  • Cette politique constate qu'en 2025, le Bénin a été attaqué par un groupe extrémiste nigérian. Cela s'ajoute aux attaques menées depuis 2021 par des extrémistes liés à Al-Qaïda dans le Sahel
  • Le groupe extrémiste nigérian est connu sous le nom de groupe Mahmuda. Il s'est déplacé au Bénin en raison des opérations militaires nigérianes dans la région du lac Kainji depuis début 2025
  • L'activité au Bénin signifie que les extrémistes nigérians et sahéliens partagent désormais une zone opérationnelle. Le rapport constate que les deux groupes ont développé une relation de collaboration
  • Il en résulte que le Bénin a besoin d'une aide urgente pour stabiliser sa frontière avec le Nigeria. De plus, les gouvernements d'Afrique de l'Ouest doivent trouver une approche beaucoup plus efficace en matière de coopération transfrontalière

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L’extrémisme violent constitue aujourd’hui le principal défi sécuritaire pour l’Afrique de l’Ouest. La violence issue du Sahel affecte de plus en plus les États côtiers, dont le Bénin, l’un des pays les plus touchés. 

Ce rapport de politique constate que le Bénin est menacé non seulement par le Sahel, mais aussi par le Nigeria. Depuis juin 2025, un groupe extrémiste nigérian a établi une base dans deux zones du département du Borgou au Bénin, non loin de la deuxième plus grande capitale du pays. Alors que deux cas de violence ont été enregistrés publiquement, les données de ce rapport recensent des dizaines d’incidents, à la fois violents et non violents. Un moteur important de l’avancée du groupe au Bénin semble avoir été les opérations militaires menées par le gouvernement nigérian en mars et en avril 2025. 

Mais qui est responsable de cette activité ? Certains estiment que le groupe extrémiste lié à Al-Qaïda – JNIM – s’est davantage implanté au Bénin et même au Nigeria sur la base des récentes déclarations publiques. Cependant, ce rapport constate que la majeure partie de l’activité provient d’un groupe extrémiste du Nigeria. Il utilise le nom « Mahmuda » pour ce groupe, bien que des preuves présentées indiquent que le véritable nom du groupe est Darussalam. Il apporte également des éclairages sur la relation entre Mahmuda et le JNIM, qui pourrait ne pas être antagoniste par nature. 

L’implication politique immédiate de cette recherche est que le Bénin a besoin d’un soutien urgent pour renforcer ses activités dans le Borgou, notamment son approche réussie orientée vers les civils. Or, l’implication plus large est que les gouvernements ouest-africains et leurs bailleurs de fonds doivent trouver, de toute urgence, une manière efficace d’aborder la coopération sécuritaire transfrontalière. Le non-respect de cette démarche entraînera une propagation accrue de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest.

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Authors

Programme Lead West Africa and Sahel | Governance, Violence and Crime / Senior Research Fellow

External authors

Clara Gehrling - Research consultant for the Clingendael’s Sahel Conflict Research Unit